La projection de “Une Vie”

Vendredi 17 Juin , une soirée fort sympathique s’est déroulée à la salle des fêtes qui s’est transformé l’espace de quelques heures en cinema Paradiso. Grâce aux archives de Philippe Quevastre, à la motivation de Véronique et Nathalie nos deux actives bibliothécaires , le film “une vie” a été projeté aux gens de Jobourg et des environs. Une exposition est visible à la Médiathèque de Jobourg jusqu’au 4 Juillet.

Cette exposition est composée de documents issus de la collection de Philippe Quévastre : des affiches françaises, une italienne, américaine et anglaise, des revues d’époques, le matériel publicitaire du film avec son dossier-presse, des photos pour sa sortie en France, en Grande Bretagne et aux USA, et même un dossier de présentation pour sa sortie au japon, en Allemagne, un disque 45 tours, des photos du tournage effectuées par Jean-Marie Lezec, photographe pour la presse de la Manche, quelques reproductions de pages de la presse de la manche.

Premier roman de Maupassant, paru en feuilleton puis en volume en 1883

Le tournage du film une vie est pour le Cotentin et la commune de Jobourg, l’événement de la fin de l’année de 1957. Pendant quatre semaines, des pages entières de la Presse de la Manche racontent presque quotidiennement son tournage pour lequel de nombreux figurants prennent part notamment lors de scènes devant l’église de Jobourg ou sur le port du Becquet.

Alexandre Astruc, son réalisateur, maintenant âgé de 88 ans, était connu à l’époque pour son manifeste de la caméra stylo publié dans l’Ecran Français en 1948 pour lequel il avait écrit que le cinéma était un moyen d’expression neuf et un langage à part entière. Il fait partie de l’équipe d’Objectif 49, le ciné-club présidé par Jean Cocteau et réalise des courts métrages en 16 millimètres comme le Rideau cramoisi en 1952 d’après une histoire de Barbey d’Aurevilly. Critique aux Cahiers du cinéma dès 1951, il est aussi assistant réalisateur de Marc Allégret Il tourne son premier long métrage, les Mauvaises Rencontres avec Anouk Aimée et Jean-Claude Pascal en 1955. Alexandre Astruc est considéré comme l’un des pères de la Nouvelle Vague.

En 1957, Alexandre Astruc prépare Une vie, il est à la recherche de décors. Plus de 700 châteaux et petits manoirs sont visités de Dieppe à Saint-Brieuc, mais aucun convenaient à l’atmosphère désirée pour le film et écrite par Guy de Maupassant. A la découverte du Cotentin, Alexandre Astruc raconte en mars 1995, lors d’un retour sur les lieux du tournage : ” J’ai été ébloui. Le Cotentin avait la beauté de ces régions sans concession, authentiques, fidèles à leur histoire. La dureté de ses paysages contrastait avec la chaleur de ses habitants “. Son admiration pour le Cotentin à la beauté sauvage décide le réalisateur de venir y tourner son film dans le scénario se déroulait en réalité dans le Calvados.

Au départ le film devait être tourné en cinémascope et en couleurs. Le cinémascope fut abandonné en raison du faible nombre de salles équipées en Allemagne, pays où Maria Schell était très populaire. La couleur a fait l’objet d’un soin particulier pour créer au film une atmosphère qui dresse un tableau de la condition féminine au XIXe siècle, à travers le destin de Jeanne avec une photographie de Claude Renoir qui rend un hommage évident aux peintres impressionnistes.

une vie 1La barrière jugée trop moderne du cimetière de Jobourg a été changée et quelques croix supplémentaires ont été plantées.



Pour Alexandre Astruc, le tournage a été à la fois l’enfer et le paradis. “Le paradis parce que j’avais trouvé le lieu. Mais l’enfer parce que l’action du film se déroulait au printemps et que nous étions au cœur de l’automne”.

Lors de la présentation au festival de Venise, son accueil fut mitigé, un seul journaliste encense le film, il s’appelle Jean-Luc Godard.


Actualites, Animations Médiathèque, Année 2010